| Lettre... | |
| " C'est à toi que je m'adresse, jeune de France et d'Europe. Écoute la vielle femme que je suis : née en 1908, j'ai connu le siècle le plus hallucinant qui soit ; j'ai été appelée dans les cinq continents pour répondre aux drames de la misère, de la violence et de la guerre, là ou l'homme est un loup pour l'homme. | |
| Tu m'apostrophes : "Que me dis-tu, je te suis inconnu !" Justement non. Tu es le fils de ton siècle, tu es baigné dans tout ce qui bouillonne autour de toi. | |
| Je voudrais le clamer à chacun d'entre vous : sois l'homme, la femme que tu es. Si la déprime est prête à te jeter par terre, sache-le : la force est en toi, dans ton corps et dans ton cœur. | |
| Cette soif de justice qui t'habite, laisse-la t'emporter vers plus malheureux que toi, entre dans la bataille. | |
| Crois en toi, en cette passion pour un monde où des hommes libres vivaient égaux, en frères. | |
| Crois en ton dynamisme, incarne ton idéal à l'endroit même où tu vis, là où tu sens battre ton cœur. | |
| Sache que ton acharnement, en dépit des échecs, assurera ton triomphe. | |
| Crois dans les autres : le même souffle de justice les fait tressaillir. Ne crains pas de rejoindre leur combat : l'union des jeunes est une puissance formidable. | |
| Crois en toi, comme moi en toi, | |
| Crois en l'autre comme moi en toi ! | |
| Yalla, jeunesse, en avant, Tu vaincras !" | |
| Ta vieille Soeur Emmanuelle. | |