Impressions

C'est la première fois que nous survolons le village.
Impression, sensation de vide absolu. Une petite perle au milieu de rien.
Absolu désert de pierre où le village a été se nicher. Pourquoi ?
Balayé par le shot ce vent chaud qui arrache tout.
Ecrasé par par le temps semble s'être arrêté.
Impression, sensation de solitude; pas d'autre choix que l'être posé là, entouré de cette Roche brûlée. Impression, sensation de protection au milieu de cette montagne qui se déroule à l'infini.
Pas d'eau, pas de verdure rien d'autre que l'oasis pourquoi être là ?
 Impression, sensation de chaleur, celle qui est dégagée par les maisons, par la roche, chaleur humaine aussi.
Il nous semble que rien ne peut vivre ici, et pourtant il a vous, il y a nous........ Ensemble
Il y a des moments où le silence suffit, où rien ne semble plus pouvoir être pareil, où il nous semble que jamais le temps ne s'arrêtera. Tout est là, posé, à nous, en nous.

Nous sommes là dans l' avion.. Le village s'éloigne, chaque seconde nous éloigne de vous. Pourquoi cette sensation d'abandon ? On ne parle pas. Les ombres des montagnes noient progressivement le paysage.
Nous nous sommes maintenant trop loin on ne voit plus rien.

 

Il fait nuit lorsque nous arrivons au village, Zaouit Sidi Ahmed. Je ne connais rien de ce village à part son nom c'est pourquoi je suis impatiente de le découvrir. Mais mes yeux ne distinguent que vaguement le paysage. Tant pis je l'apprécierais mieux le lendemain . Cependant l'atmosphère typique des " zaouitiens" m'imprègne déjà: accueil chaleureux pour les anciens comme pour les nouveaux.  On nous montre nos chambres, remplies avec des tapis, deux matelas et quelque petites bestioles. Je réalise enfin que je suis arrivée dans un autre monde, une autre culture, une autre vie.  Lorsque je me suis engagée dans le projet Maroc  j'entendais parler du village mais je ne pouvais que l'imaginais. Toutes mes pensées étaient bien loin de rendre compte de la réalité. Comment concevoir un lieu isolé, éloigné de toute agitation et où la notion du temps n'existe pas? Je ne le pouvais pas mais maintenant je le vis. Ajoutez à cela une énorme dose de gentillesse et de générosité de la part des villageois et je peux vous dire sincèrement  qu'ici c'est le paradis. Le lendemain j'ai enfin pu admirer cet endroit paradisiaque après une nuit d'impatience. Des mots me traversent l'esprit mais ils ne pourraient pas dévoiler l'intensité de mes émotions  à ce moment là. Comme dans un western une rafale de vent emporte la terre et m'oblige à fermer les yeux.
Lorsque je les ouvre personne ne dégaine son arme en face de moi mais les maisons carrés du village s'imposent à ma vue illuminées par le soleil. Je marche un peu sur le chemin de terre, un sourire sur le visage. Je n'entends aucun  son. C'est le calme plat. C'est beau tout simplement. Sur des kilomètres on ne voit que la terre et les cailloux. On ne peut que se sentir serein . Au fur et à mesure des jours je commence à m'habituer aux zaouitiens, toujours prêt à plaisanter et à taquiner les jeunes français. Je m'habitue sans problème à la cuisine marocaine divinement préparée par les femmes. C'est un vrai délice tout comme le thé que l'on boit le matin, à la ferme, l'après midi ...bref tout le temps.  Tellement de choses me plaisent, la douche avec l'eau du puits, la musique du banjo jouée le soir après le diner, la sieste l'après midi, le travail à la ferme. Ce séjour  m'apprend beaucoup que ce soit sur les différentes cultures ou tout simplement  sur les valeurs essentiels  comme la solidarité. Ici on se redécouvre et on apprend à revivre. Camille Hurtado

 

Vous savez, ici , tout est bien différent de ce que nous connaissons en France. La moindre chose est une affaire de "débrouille". Parler de travail c'est bien beau mais n'oublions pas que nous parlons d'hommes et donc je continuerais cet article d'un point de vue bien plus humain qu'économique. L'arrivée en pleine nuit, les rencontres chaleureuses, les sourires, les rires, les chamailleries, la musique, l'alimentation, la vie… à dire vrai, ici , nous prenons la vie comme elle vient sans se poser plus de questions que cela. Les habitudes prennent vite le dessus sur le mode de vie que nous connaissons en Europe. Effectivement, nous découvrons un autre monde et le fait de penser qu'ici c'est la France d'il y a un ou deux siècles est réducteur . Cette idée de rattacher un nouvel environnement à ce que nous connaissons déjà est peu enviable et rappelle à tous une époque coloniale. Tout ce qui se passe au village est absolument merveilleux. Ce mot « merveilleux » peut paraitre simple et consensuel mais les sentiments par lesquels nous sommes liés à ces hommes sont si rapides et nous avons déjà l’impression qu’ils font partie de notre vie. Le sentiment que je décris là est très étrange mais l’origine de cette impression est, à mon avis , due au bon vivre et à l’immense élan de bonheur et de sympathie que les « Zaoutien » nous envoient à chacune de nos vues . Je dois m’arrêter là, je pourrais épiloguer encore cet article pendant encore quelques pages mais les impressions et le ressentis que j’ai en moi ne peut pas être écrit… Il faut vivre et non lire des mots qui sont souvent remplis de préjugés et de fausses images d’un petit coin de paradis. Vivez, Vivez, Vivez, Vivez… Hervé Rolf Bernhard Zikel van Krabbendijke