Dans cette dynamique, l'apport de la classe solidaire "Tammount" du lycée Saint Joseph à Avignon en France, fut considérable. "En fait, tout avait commencé avec l'heureuse et imprévisible rencontre en 2003 entre un groupe d'élèves français d'Avignon et des jeunes villageois", dit le jeune Hassan qui précise que le projet n'en est qu'à ses débuts.
| Fils d'agriculteurs, les trois jeunes n'ont pas omis de
penser au fourrage. Près de la moitié de la superficie de la ferme fut
réservée à la culture de l'orge et de la luzerne. Pour cela, ils ont déjà
aménagé un puits et construit un château d'eau à près d'une centaine de
mètres de la ferme.
"Nous cultivions des terrains à côté de la rivière, à près d'un kilomètre de piste, mais les frais du carburant et du transport s'étaient avérés un peu plus coûteux, d'où notre idée de cultiver les surfaces mitoyennes", a indiqué Omar, le concepteur des lieux. |
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L'initiative est profitable. Elle permettra de convaincre ce qui reste des jeunes au village d'y rester. Une hémorragie l'avait vidé de ses énergies depuis la fin des années 80 du siècle précédent. Certains sont partis à Ouarzazate, Marrakech, Agadir, d'autres ont par contre commis la "dangereuse traversée" vers l'"Eldorado" européen.
| La toute dernière composante du projet fut la
fromagerie moderne. La construction respecte toutes les normes d'hygiène.
Elle attend juste l'installation du matériel pour être opérationnelle.
La récente visite du Rotary Club Oasis de Casablanca semble prometteuse. Les trois jeunes y mettent tous leurs espoirs. "Nous établirons notre rapport pour adopter le projet en tant qu'Action d'Intérêt Public Mondial. Après, la fondation Rotary versera la moitié du financement, et l'autre moitié sera assurée par quatre autres clubs de différents districts", a expliqué M. Houssine Bennani, membre dirigeant du Rotary Club Oasis, lors d'une visite effectuée récemment sur les lieux.
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Mais, le fromage ne sera pas le seul produit à commercialiser. Les jeunes veulent aussi s'investir dans le commerce de la viande rouge ovine et de l'huile. Un label est donc nécessaire : "terroir et Solidarité". Une incitation pour consommer local, et régional, mais qui n'est pas suffisante. La qualité restant primordiale.
| Le marché local est de plus en plus demandeur. Les
infrastructures touristiques prolifèrent. Les professionnels voudraient
toujours diminuer le coût d'achat. Mais, comme pour tous les produits de
terroirs, les contraintes de l'environnement doivent être prises en
considération pendant toutes les étapes du projet. "La qualité et le respect de l'environnement sont deux facteurs positifs en faveur du développement des activités de production de fromage de chèvre ainsi que d'engraissement et d'élevage de bovins", explique Valérie Gensonnet, enseignante française qui a accompagné le projet depuis ses tout débuts.
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A côté de l'élevage, les jeunes du village reposent sur le tourisme solidaire. La formule est également singulière. Il s'agit du tourisme "chez l'habitant" qui entend créer des passerelles entre cultures.
Le touriste agit comme un membre de la famille. Il vit son quotidien dans toute sa profondeur, loin de toutes les images stéréotypées. Le tourisme solidaire est le binôme de cet élevage moderne en évolution. Un tandem porteur sur la voie du développement.